La pédagogie américaine est souvent perçut par les étudiants français comme le raffinement ultime de ce que pourrait être un cours. La plus part des cours magistraux européens
- et français notamment - ne sont parfois que de longues dictées qui rendent le sujet obscure et inintéressant. Nous allons tout de même essayer de dépasser ce fantasme pour mieux cerner les
attentes spécifiques de cette pédagogie très différente de la notre. Je soulignerais un point important avant de commencer. Le fantasme que l'on peut avoir sur l'éducation à l'américaine ne doit
en aucun cas dévaloriser l'éducation "à la française". Aucun système n'est meilleur que l'autre, ils sont différents, et a
daptés à des cultures
différentes.
Je vous conseille tout d'abord la lecture de
cet article, publié par une
étudiante en science politique à l'univeristé d'état de pennsylvanie. Lisez aussi les commentaires, qui nuancent le propos. Il y a aussi
cet article, qui traite plus particulièrement de UPenn, mais ne doit pas être généralisé.
Un cours repose sur
la participation de ces élèves. Le professeur pose des questions, répond, fait interagir les étudiants. J'ai
souvent vu des professeurs anglo-saxons complètement découragés par les classes européennes. Notre culture nous pousse à être beaucoup plus introverti. Le silence d'une classe ou d'un élève sera
interprété par un professeur comme une marque de stupidité, d'incompréhension ou de manque d'intérêt. Les exercices oraux de présentation sont très courants et font partis de la notation.
Il est vraiment très important de préparer les cours à l'avance. Le professeur donne toujours les chapitres à lire pour la prochaine fois. Je sais
que même les américains ne le font pas toujours, mais la difficulté inhérente à la langue et à la culture pédagogique devrait vous obliger à un zèle scolaire de tous les instants! Il n'y a aucun
intérêt, aucun avantage comparatif à partir un an en échange, pour faire la même chose qu'en France.
Vous allez vite comprendre que cet exercice de participation peut être très difficile pour un européen, plus habitué à écouter un discours professoral qu'à le commenter. De plus ce
type de discours peut parfois rester superficiel par rapport à un cours théorique magistral.
Je voudrais vous citer un passage de l'ouvrage
"Le déséquilibre du monde" du Dr Gustave
Le Bon:
"L'éducation américaine se préoccupe surtout de créer des habitudes mentales. Peu importe ce que l'élève apprend si
sa réflexion, son esprit
d'observation, son jugement et sa volonté ont été développés." Cet ouvrage date de 1923, son contenu doit donc être remis dans un contexte très particulier, mais la culture américaine en
la matière n'a presque pas changé.
Il y a sans doute d'autres aspects oubliés dans cet article. Je vous invite vivement à me les signaler en commentaire!
Dans l'éducation à l'Américaine, on étudie en 1 an, ce que l'on étudierais en 6 mois (ou 2 mois en prépa) en France.
(Rappelons qu'une université normale ne donne que 15h de cours par semaine à ses étudiants, contre plus de 30h pour une université Française.)
Est-ce une bonne ou une mauvaise chose, c'est totalement sujet à débat (la recherche Américaine n'ayant pas à rougir face à la recherche Européenne, c'est peut-être pas une bonne chose d'apprendre trop vite) mais c'est une réalité.
Je pense qu'il est important de le signaler à ceux qui désireraient étudier aux Etats-Unis.
Le point que vous soulignez est tout à fait important. Je pense d'ailleurs ré-écrire cette article, car depuis mon expérience à totalement évoluer.
Toutefois, il faut différencier les niveaux. Les européens font une licence en 3 ans, qui vaut LARGEMENT un bachelor américain en 4 ans. Et je dis bien LARGEMENT. Le niveau dépend biensûr des universités, mais pour celles dont j'ai l'expérience, le bachelor américain est une grosse blague.
La recherche américaine, comme vous dîtes, ne commence qu'au niveau graduate, et concerne énormement d'étudiant étrangés, issues des meilleures institutions de leur pays, ayant subit selection et compétition acharnée.