Vendredi 26 juin 2009 5 26 /06 /Juin /2009 10:55
    La pédagogie américaine est souvent perçut par les étudiants français comme le raffinement ultime de ce que pourrait être un cours. La plus part des cours magistraux européens - et français notamment - ne sont parfois que de longues dictées qui rendent le sujet obscure et inintéressant. Nous allons tout de même essayer de dépasser ce fantasme pour mieux cerner les attentes spécifiques de cette pédagogie très différente de la notre. Je soulignerais un point important avant de commencer. Le fantasme que l'on peut avoir sur l'éducation à l'américaine ne doit en aucun cas dévaloriser l'éducation "à la française". Aucun système n'est meilleur que l'autre, ils sont différents, et adaptés à des cultures différentes.

   Je vous conseille tout d'abord la lecture de cet article, publié par une étudiante en science politique à l'univeristé d'état de pennsylvanie. Lisez aussi les commentaires, qui nuancent le propos. Il y a aussi cet article, qui traite plus particulièrement de UPenn, mais ne doit pas être généralisé.



   Un cours repose sur la participation de ces élèves. Le professeur pose des questions, répond, fait interagir les étudiants. J'ai souvent vu des professeurs anglo-saxons complètement découragés par les classes européennes. Notre culture nous pousse à être beaucoup plus introverti. Le silence d'une classe ou d'un élève sera interprété par un professeur comme une marque de stupidité, d'incompréhension ou de manque d'intérêt. Les exercices oraux de présentation sont très courants et font partis de la notation. Il est vraiment très important de préparer les cours à l'avance. Le professeur donne toujours les chapitres à lire pour la prochaine fois. Je sais que même les américains ne le font pas toujours, mais la difficulté inhérente à la langue et à la culture pédagogique devrait vous obliger à un zèle scolaire de tous les instants! Il n'y a aucun intérêt, aucun avantage comparatif à partir un an en échange, pour faire la même chose qu'en France.
   Vous allez vite comprendre que cet exercice de participation peut être très difficile pour un européen, plus habitué à écouter un discours professoral qu'à le commenter. De plus ce type de discours peut parfois rester superficiel par rapport à un cours théorique magistral.

   Je voudrais vous citer un passage de l'ouvrage "Le déséquilibre du monde" du Dr Gustave Le Bon:
"L'éducation américaine se préoccupe surtout de créer des habitudes mentales. Peu importe ce que l'élève apprend si sa réflexion, son esprit d'observation, son jugement et sa volonté ont été développés." Cet ouvrage date de 1923, son contenu doit donc être remis dans un contexte très particulier, mais la culture américaine en la matière n'a presque pas changé.




Il y a sans doute d'autres aspects oubliés dans cet article. Je vous invite vivement à me les signaler en commentaire!
Par Béa l'américaine - Publié dans : Scolarité - Communauté : USA
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Commentaires

En tant que pur produit de la Prépa puis d'une Grande Ecole, je dois dire qu'il y a un point qui me semble très important et que vous ne mentionnez pas.

Dans l'éducation à l'Américaine, on étudie en 1 an, ce que l'on étudierais en 6 mois (ou 2 mois en prépa) en France.
(Rappelons qu'une université normale ne donne que 15h de cours par semaine à ses étudiants, contre plus de 30h pour une université Française.)

Est-ce une bonne ou une mauvaise chose, c'est totalement sujet à débat (la recherche Américaine n'ayant pas à rougir face à la recherche Européenne, c'est peut-être pas une bonne chose d'apprendre trop vite) mais c'est une réalité.

Je pense qu'il est important de le signaler à ceux qui désireraient étudier aux Etats-Unis.
Commentaire n°1 posté par Hugo Garcia-Cotte le 14/09/2010 à 18h59

Le point que vous soulignez est tout à fait important. Je pense d'ailleurs ré-écrire cette article, car depuis mon expérience à totalement évoluer.

Toutefois, il faut différencier les niveaux. Les européens font une licence en 3 ans, qui vaut LARGEMENT un bachelor américain en 4 ans. Et je dis bien LARGEMENT. Le niveau  dépend biensûr des universités, mais pour celles dont j'ai l'expérience, le bachelor américain est une grosse blague.

La recherche américaine, comme vous dîtes, ne commence qu'au niveau graduate, et concerne énormement d'étudiant étrangés, issues des meilleures institutions de leur pays, ayant subit selection et compétition acharnée.

 

Réponse de Béa l'américaine le 14/09/2010 à 21h41

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